Vantage GT3, quatre succès en six semaines: Paul Ricard, Okayama et podium absolu au Nürburgring. Un début 2026 solide, sans promesses hasardeuses.
Vantage GT3, quatre victoires en six semaines et un premier podium absolu au Nürburgring : le début de saison 2026 a de l’allure, et surtout de la constance. Retour sur Paul Ricard et Okayama, puis sur l’Eifel, pour mesurer ce que ces résultats disent vraiment des équipes et de l’auto — sans extrapoler au-delà des faits.
Paul Ricard, 12 avril : le come-back après un tour avec crevaison
Le week-end des 12–13 avril a tourné à la démonstration de résilience. Officiellement, le 13 avril 2026, Comtoyou Racing s’impose aux 6 Heures de Paul Ricard (GT World Challenge Europe Endurance Cup) avec Mattia Drudi, Marco Sørensen et Nicki Thiim, au terme d’une remontée lancée dès la première heure après une crevaison. Selon le communiqué d’Aston Martin, cette victoire, arrachée en stratégie et en rythme, intervient malgré un tour perdu d’entrée de jeu. Ce n’est pas tant le panache que la méthode qui frappe.
Ce succès marque la première victoire de la saison GTWCE pour la Vantage depuis Spa 2024, déjà signée Comtoyou, et replace la voiture dans le paysage de l’Endurance Cup. La base était solide : des relais constants, une gestion du trafic propre, et des arrêts au stand impeccablement cadencés. En substance, l’équipage a su capitaliser sur le potentiel du châssis et sur une fenêtre de performance stable en pneus usés.
Pour mémoire, l’équipe s’appuyait sur un terreau fertile : en 2025, Verstappen.com Racing avait conquis la Gold Cup Endurance et Comtoyou la Sprint Silver Cup, deux titres qui ont aidé à rôder procédures et binômes. Un rappel utile que le travail de fond précède souvent l’éclair de résultat, même quand la Vantage GT3 met les gants de boxeur dès le premier tour.
À lire aussi, côté modèle de route et filiation technique : l’évolution de la Vantage de deuxième génération, contexte utile pour saisir la continuité châssis-moteur entre route et piste.
Okayama, même week-end : D’station Racing et le doublé intercontinental
Au même moment, à plus de 9 000 kilomètres, D’station Racing convertit la pole en victoire en GT300 à Okayama, avec Tomonobu Fujii et Charlie Fagg. D’après la communication officielle d’Aston Martin, l’écurie japonaise a tenu la pression du peloton et imposé son rythme, signant ainsi un doublé intercontinental pour la marque sur un seul week-end. La portée est symbolique : une même base technique, deux championnats, deux environnements de course, un résultat aligné.
Au-delà du coup d’éclat, la régularité a fait la différence. Partie en tête, la Vantage GT3 n’a pas eu à surcompenser : elle a protégé ses pneus, contrôlé ses arrêts, et géré l’exécution. Le message, pour un championnat où l’anticipation prime, est limpide : la voiture sait tenir son cap quand elle passe la première courbe devant.
Cette convergence des résultats — Paul Ricard et Okayama — valide surtout l’outillage des équipes : procédures répétées, lecture des fenêtres de safety car, et exploitation des forces du V8 biturbo. Un week-end où l’on marque des points des deux côtés du globe n’est pas un hasard, c’est une somme d’habitudes.
Pour les détails du week-end européen, le compte rendu officiel est à consulter sur le site d’Aston Martin, et pour le contexte du championnat, sur la page dédiée du GTWCE Endurance.

Le Nürburgring 24H, 17 mai : le premier podium absolu de l’histoire Aston Martin
Un mois plus tard, l’histoire s’écrit en capitales gothiques. Le 17 mai 2026, la Vantage GT3 Walkenhorst (#34, Drudi/Krognes/Thiim) décroche la 3e place au général des 24 Heures du Nürburgring. C’est, selon le communiqué de media.astonmartin.com, le premier podium absolu d’Aston Martin dans l’histoire de l’épreuve. Le résultat vient précisément vingt ans après les débuts de la marque sur le Ring en GT moderne : la boucle est tentante, mais le message est surtout sportif.
Cette édition n’a pas ménagé ses concurrents. La gestion de la nuit, des codes 60 et du trafic multi-catégories, est un tri quotidien pour les GT3. La Walkenhorst #34 y a trouvé sa plage de performance, combinant rythme propre, fiabilité technique et vigilance stratégique. Les relais réguliers ont dessiné un plateau d’argent plutôt qu’un éclair d’un tour qualif : l’endurance aime les traits continus.
À l’échelle de la marque, ce podium s’ajoute à la victoire de Spa 2024 en GT World Challenge Europe, autre jalon confirmé par Comtoyou. La cohérence des résultats depuis 2024 n’est pas un hasard de calendrier, elle dit quelque chose de la plate-forme et des opérations. Reste qu’un podium au Ring ne préjuge pas du reste d’une saison : l’Eifel a ses propres lois, qu’on apprend à respecter avant de prétendre les dicter.
Pour un suivi transversal des programmes GT et du palmarès d’endurance, notre rétrospective GTE est un bon compagnon de route : de la Vantage GTE au Mans et en WEC.
Ce que ces résultats révèlent sur l’architecture du Vantage GT3 en endurance
Il y a de la technique derrière la musique. La Vantage GT3 repose sur le châssis en aluminium collé du modèle de route et sur un V8 biturbo 4,0 litres. Ce couple plate-forme/moteur explique en partie la largeur de la fenêtre d’exploitation : rigide et légère, la base absorbe les variations de charge et de température pneus, tandis que le V8 délivre son couple avec progressivité, deux atouts pour passer d’un Paul Ricard venteux à un Nürburgring capricieux.
Trois éléments émergent des victoires de Paul Ricard et d’Okayama, puis du podium du Ring :
- Stabilité de l’équilibre mécanique : la voiture reste saine sur relais longs, un prérequis pour revenir après une crevaison comme à Paul Ricard.
- Compatibilité multi-championnats : de la GTWCE à la GT300, la Vantage GT3 accepte des contraintes de pneus, BOP et trafic distinctes sans changement de caractère.
- Exécutif éprouvé : des équipes aux pilotes, l’ensemble a capitalisé sur les acquis 2024–2025 (victoire à Spa, titres de catégories), rappelés par les communiqués d’Aston Martin.
À cela s’ajoutent la discipline aux stands et la lecture stratégique, où Comtoyou, D’station et Walkenhorst ont montré des automatismes utiles. Mais n’en tirons pas de loi générale : d’autres tracés, d’autres BOP et la météo feront leur œuvre. Disons simplement que la base technique et opérationnelle est posée, ce qui est tout ce qu’on peut raisonnablement souhaiter en avril–mai.
Pour replonger dans la genèse routière de l’auto et ses spécifications officielles, le portail constructeur reste la source primaire : Aston Martin. Et pour le récit complet du Ring 2026 côté Vantage, notre dossier dédié rassemble les repères, les équipages et les temps forts : le premier podium absolu au Nürburgring.

Conclusion : un départ mesuré pour la Vantage GT3
Quatre succès en six semaines et un podium absolu au Ring composent un tableau flatteur. Surtout, ils valident la continuité entre un châssis d’origine routière affûté et un programme clients qui a appris de Spa 2024 et des titres 2025. La Vantage GT3 a démontré qu’elle sait gagner en revenant de l’arrière comme à Paul Ricard, contrôler depuis la pole à Okayama, et tenir la nuance au Nürburgring.
La suite ? Ce sera une autre conversation, avec d’autres BOP, d’autres piégeages et la part de hasard propre à l’endurance. Pour l’instant, la Vantage GT3 avance à pas sûrs : assez pour convaincre les ingénieurs, sans effaroucher les statisticiens. Ce n’est pas la promesse d’un titre, c’est mieux : la preuve d’un socle.


