Valkyrie AMR Pro : piste pure, V12 Cosworth sans hybride, ventes closes avant Genève 2018 et programme client dédié. Décryptage technique et usage.
Valkyrie AMR Pro, c’est la déclinaison piste qui pousse la philosophie de la Valkyrie au-delà de la route. À la clé, un V12 Cosworth 6,5 litres sans assistance hybride, un programme client inspiré de la Vulcan et un positionnement sans compromis. Voici, point par point, ce qui distingue cette version de compétition client de la voiture de route.
De la Valkyrie de route à la Valkyrie AMR Pro : ce que Newey et Aston Martin ont supprimé et pourquoi
La ligne de fracture la plus nette entre la Valkyrie de route et l’AMR Pro tient à l’abandon du système hybride type KERS. L’AMR Pro conserve le même V12 atmosphérique 6,5 litres développé par Cosworth, mais s’affranchit de l’assistance électrique. La suppression du KERS retire une source de couple instantané et de gestion énergétique, et simplifie l’architecture mécanique et logicielle. Sur piste, cet allègement technique sert un objectif clair : la répétabilité des performances et la fiabilité en charge prolongée.
Aston Martin n’a pas publié de puissance définitive pour la version non homologuée, un choix cohérent avec une philosophie orientée sensations et constance plutôt que chiffres à l’étalage. Pour mémoire, la Valkyrie de route annonce 1 000 ch à 10 500 tr/min avec l’hybride en soutien, tandis que le V12 seul atteint 1 014 PS selon Cosworth. La Valkyrie AMR Pro se passe de la couche hybride et bascule la mise au point vers un usage exclusif circuit, libérée des compromis d’homologation routière.
Présentée à Genève en 2018, la Valkyrie AMR Pro s’inscrit dans une trajectoire déjà connue des clients de la marque : une base extrême, puis une version de piste pensée comme un outil de pilotage. C’est le prolongement naturel de l’approche inaugurée par la Vulcan, et renforcée par le label AMR. Les fondamentaux restent identiques — moteur, architecture — mais l’AMR Pro assume une nouvelle hiérarchie de priorités : endurance, retour d’information et régularité au tour.
Le V12 Cosworth 6,5 litres sans hybride : régime, puissance et sonorité en circuit
Au cœur de la Valkyrie AMR Pro, le V12 Cosworth 6,5 litres respire seul. Sans KERS, la gestion moteur peut se concentrer sur la pureté de la montée en régime et la linéarité de la réponse. La référence chiffrée, côté route, fixe le cadre : 1 000 ch à 10 500 tr/min avec l’apport hybride, et 1 014 PS pour le moteur thermique seul selon Cosworth. Mais sur l’AMR Pro, Aston Martin n’a pas communiqué de valeur officielle, un silence qui laisse toute sa place à la mise au point réelle en conditions de piste, loin des bancs de puissance.
Sans hybridation, la perception mécanique du V12 prend le dessus : textures, pulsations et allonge théorique au-delà des 10 000 tr/min telles qu’illustrées par la version routière. En l’absence d’assistance électrique, la moindre variation du pied droit a un effet direct, précis, et potentiellement plus lisible pour un pilote entraîné. Le tout s’accompagne d’une signature sonore sans filtre hybride : une bande son purement mécanique, taillée pour les vibreurs plus que pour les boulevards.
Cette décontraction chiffrée a aussi une vertu pratique : elle recentre l’attention sur la mise en température, la répétabilité des efforts et l’exploitabilité tour après tour. La Valkyrie AMR Pro privilégie l’outil de pilotage à la fiche technique, dans l’esprit des programmes clients d’Aston Martin Racing.

Aérodynamique AMR Pro : les éléments qui génèrent un appui inaccessible à la version routière
Version de piste non homologuée, la Valkyrie AMR Pro s’affranchit des compromis inhérents à la circulation sur route ouverte. Sans s’aventurer dans des chiffres que le constructeur n’a pas publiés, on peut retenir l’essentiel : l’AMR Pro est conçue pour prioriser l’appui et la stabilité en charge soutenue, là où la routière doit composer avec des contraintes d’usage et de réglementation. Le résultat visé tient davantage à la fenêtre d’exploitation aérodynamique qu’à la polyvalence.
Le retrait du KERS participe aussi à cette logique. En libérant des volumes et de la masse associés à l’hybridation, la Valkyrie AMR Pro concentre sa mise au point sur l’équilibre du châssis et la constance de l’appui, en cohérence avec un usage tourné vers le chrono. Ici, le calibrage privilégie l’endurance mécanique et aérodynamique sur des relais prolongés, avec un comportement qui doit rester stable au fil des tours.
Sur ce registre, la comparaison avec la Valkyrie de route est surtout philosophique : cette dernière combine performances extrêmes et tolérances d’homologation, quand l’AMR Pro est optimisée pour la piste pure. L’appui « inaccessible » à la version routière ne tient pas à un chiffre public, mais à l’absence volontaire de concessions routières dans la conception de la variante piste.
25 exemplaires, tous vendus avant la présentation : comment s’organise l’utilisation en piste
Selon les informations compilées par Wikipedia, 25 exemplaires de la Valkyrie AMR Pro étaient prévus et tous vendus avant même la présentation au salon de Genève 2018. Par la suite, un autre décompte, toujours attribué à Wikipedia, évoque une famille Valkyrie totalisant 275 unités, dont 40 AMR Pro. Cette divergence de chiffres illustre le caractère évolutif des annonces et la confidentialité qui entoure certains programmes clients très limités.
La structure d’accompagnement, elle, est claire : le programme Valkyrie AMR Pro inclut un suivi et une formation par les pilotes officiels d’Aston Martin Racing, sur le modèle éprouvé de la Vulcan. On parle d’un cadre d’exploitation clé en main pour propriétaires, avec un accompagnement au pilotage et à la mise au point, calqué sur les meilleures pratiques du constructeur en matière de voitures de piste privées.
La version de production de la Valkyrie AMR Pro s’est montrée en public à Laguna Seca en 2022, jalon utile pour constater l’aboutissement du projet et sa translation des salons à l’asphalte. De Genève à la piste californienne, le fil conducteur reste le même : une machine conçue pour des journées circuits orchestrées, au sein d’un programme où l’expérience du pilote compte autant que la performance elle-même.

Conclusion : ce que change la Valkyrie AMR Pro pour l’expérience client
Au terme de ce décryptage, la Valkyrie AMR Pro s’impose comme une piste pure : même V12 Cosworth que la route mais sans KERS, aucune puissance officielle publiée, et une conception libérée des compromis routiers. Le cœur du sujet n’est pas un record de fiches techniques, mais l’exploitation sereine d’un V12 très haut perché et d’un châssis optimisé pour l’endurance des efforts. Pour un propriétaire qui connaît déjà la Valkyrie, la Valkyrie AMR Pro change l’angle : moins de polyvalence, plus de constance et un programme d’accompagnement qui transforme chaque roulage en séance de développement personnelle.
En bref, la Valkyrie AMR Pro n’essaie pas d’être meilleure partout ; elle choisit son terrain. Et sur ce terrain — la piste, rien d’autre — l’absence d’hybride, la mise au point dédiée et le cadre d’utilisation orchestré par Aston Martin Racing font la différence.
Pour aller plus loin
- Découvrir la genèse et les spécificités de la Valkyrie de route : notre dossier sur la Valkyrie.
- Comparer avec l’approche 100 % piste qui a inspiré le programme client : la fiche dédiée à l’Aston Martin Vulcan.
- Revivez une mise en jambe sur asphalte tricolore : la Valkyrie AMR Pro au Paul Ricard.
- Contexte et chronologie autour du projet : la page de référence en anglais et sa version en français.
- À propos de l’esprit AMR chez Aston Martin : présentation du label AMR.


