Anecdotes

Lagonda Taraf 2015 : 200 exemplaires, 5 paradoxes en berline

26 août 2026 La Rédaction AstonLegacy 6 min de lecture

Lagonda Taraf, série limitée à 200 exemplaires, nom arabe, carrosserie aluminium faite main et stratégie Moyen-Orient : voici ses paradoxes clés.


Lagonda Taraf, cinq paradoxes et autant de vérités qui intéressent les collectionneurs exigeants : voici la berline la plus discrète de Gaydon, annoncée à Genève en 2014, assemblée à la main en aluminium, dérivée de la Rapide et d’abord réservée au Moyen-Orient avant d’élargir sa clientèle. Nous revenons, sources officielles et encyclopédiques à l’appui, sur ce retour du badge Lagonda aussi feutré qu’attendu, limité à 200 exemplaires.

Le nom Taraf : pourquoi Aston Martin a choisi un mot arabe pour relancer Lagonda

Premier paradoxe, le baptême. Selon la presse spécialisée citée par les sources disponibles, Taraf est un mot arabe signifiant « luxe » ou « extravagance ». Un choix assumé qui renvoie directement au marché initial visé. Dans l’histoire de la marque, rarement un nom n’aura aussi clairement annoncé sa destination commerciale, tout en s’écartant de la tradition anglo-saxonne des patronymes Aston Martin.

Ce parti-pris s’entend comme un clin d’œil à une clientèle qui affectionne les limousines rares et personnalisées. En parallèle, il réactive la lignée Lagonda en la démarquant des GT de la maison-mère. La page encyclopédique dédiée rappelle ce sens étymologique et le contexte géographique du lancement.

D’un point de vue d’image, la Lagonda Taraf souligne une stratégie de micro-série, distincte des volumes plus visibles de la gamme Aston Martin. Pour le lecteur curieux de la généalogie Lagonda, notre dossier sur la Lagonda Série 2 de 1976 situe utilement le précédent grand retour du patronyme.

Plateforme Rapide, carrosserie aluminium faite à la main : ce que les 200 exemplaires cachent comme ingénierie

Deuxième paradoxe, la discrétion de l’ingénierie. Dérivée de la Rapide, la berline s’appuie sur la plateforme VH déjà éprouvée, avec un empattement et une architecture adaptés au protocole Lagonda. Selon Wikipedia, la Rapide a inauguré cette base en 2010, et le projet Taraf en est une déclinaison allongée, pensée pour le confort d’arrière autant que pour la tenue de route.

La carrosserie intégralement en aluminium, façonnée à la main, mérite qu’on s’y attarde. À l’heure des composites abondants, la Lagonda Taraf parie sur la mise en forme traditionnelle, gage d’un rendu de surface et d’ajustages à l’anglaise. Le chiffre de 200 unités, confirmé par les sources officielles et encyclopédiques, explique l’approche artisanale et la latitude laissée à la personnalisation.

Cette recette fait de la Lagonda Taraf une rareté technique autant qu’industrielle. L’épure des lignes masque une cinématique connue, mais adaptée avec soin. Pour comprendre la donne de départ, notre fiche consacrée à la Rapide replace ce modèle-pivot dans la stratégie VH.

Lagonda Taraf

Vendue uniquement au Moyen-Orient à l’origine : la stratégie commerciale et sa révision

Troisième paradoxe, la carte de visite géographique. Présentée au salon de Genève 2014, la Lagonda Taraf fut dans un premier temps proposée exclusivement au Moyen-Orient. Selon la page officielle Aston Martin, cette orientation initiale répondait aux attentes locales pour des berlines à l’habitacle arrière cossu, produites en petite série et fortement personnalisables.

La stratégie a ensuite évolué, avec une ouverture à d’autres marchés. Wikipedia confirme ce pas de côté commercial, sans en détailler l’ampleur, signe d’une adaptation pragmatique à la demande. Là encore, la Lagonda Taraf avance masquée : la diffusion reste ultra-limitée, et la communication, mesurée.

Cette séquence illustre le positionnement Lagonda, ni tout à fait expérimental, ni vraiment mondial. Une manière très britannique de sonder l’appétit du marché sans engager des volumes lourds. La Lagonda Taraf s’inscrit ainsi dans une logique d’objet de connaisseur, d’abord régional, puis global à la marge.

Le V12 biturbo et les équipements de personnalisation Q : ce que l’acheteur recevait pour son million d’euros

Quatrième paradoxe, celui des idées reçues. Malgré ce qu’on pourrait croire à la lecture de certains intitulés, le moteur de la Lagonda Taraf est bien le V12 5,9 litres atmosphérique de la gamme Gaydon de l’époque, et non un biturbo, comme l’indique Wikipedia. Le choix d’un bloc naturellement aspiré cadre avec la base Rapide et avec l’esprit de grand tourisme feutré.

Pour l’habitacle et les finitions, la maison proposait un degré de personnalisation très élevé, typique des programmes sur-mesure. Si la page officielle ne détaille pas un catalogue exhaustif, l’orientation « Q » par Aston Martin s’impose comme cadre de référence pour matériaux nobles, teintes dédiées et configurations de sièges arrière à la carte. C’est là que la Lagonda Taraf affûte sa différence : pas d’esbroufe, mais un raffinement patient.

Quant au « million d’euros » avancé dans l’imaginaire collectif, notons que les sources autorisées ici ne publient pas de tarif public. Restons donc sur l’essentiel vérifiable : une série limitée à 200 exemplaires, une carrosserie aluminium formée à la main et un V12 atmosphérique, dans un écrin façonné selon le goût du client. Le reste relève du marché et de sa confidentialité.

Lagonda Taraf

Lagonda après le Taraf : ce que ce modèle a (ou n’a pas) annoncé pour la suite de la marque

Cinquième paradoxe, la postérité. Après le Taraf, la relance d’une gamme Lagonda à part entière ne s’est pas matérialisée en modèles de grande diffusion. Le badge reste associé à des tentatives ponctuelles et hautement exclusives, distantes de plusieurs décennies : la Lagonda de 1976 en était l’illustration la plus marquante avant ce retour très limité.

Ce modèle n’en demeure pas moins une balise stratégique. En s’appuyant sur la plateforme VH et la base Rapide, la Lagonda Taraf montre comment Aston Martin peut développer une carrosserie à part, soigner l’expérience arrière et sonder une clientèle spécifique, sans créer une architecture ex nihilo. Un laboratoire policé, en somme.

Pour replacer le Taraf dans l’histoire de la marque, on consultera utilement la synthèse encyclopédique en français, en regard de la notice du constructeur. Les deux convergent sur l’essentiel : Genève 2014, Moyen-Orient d’abord, 200 exemplaires, aluminium fait main et V12 atmosphérique.

Conclusion – Lagonda Taraf, cinq paradoxes pour une icône discrète

La Lagonda Taraf aura donc cultivé la rareté avec méthode : un nom arabe pour un lancement ciblé, une base Rapide éprouvée, une carrosserie aluminium façonnée à la main et 200 exemplaires pour tout dire. Présentée à Genève 2014 et discrètement élargie à d’autres marchés, elle signe le retour le plus feutré de Lagonda depuis 1976. Pour aller plus loin, notre portrait du modèle Lagonda Taraf et l’angle historique sur la Lagonda Série 2 complètent utilement la perspective. À l’heure du tri raisonné des séries limitées, la Lagonda Taraf reste une proposition singulière, précise et, osons le dire, paradoxale.

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