Lagonda Taraf, la berline en fibre de carbone au V12 de 533 ch, pensée pour le Moyen-Orient et affichée à un million de dollars. Production encore débattue.
La Lagonda Taraf est l’une des Aston les plus énigmatiques de la dernière décennie, conçue comme une berline ultra-exclusive pour des clients triés sur le volet. Dans cet article d’anecdotes documentées, nous revenons sur les raisons de sa résurrection, sa base technique, son tarif stratosphérique, ainsi que les chiffres de production qui font débat. Objectif : comprendre le pari audacieux derrière la Lagonda Taraf, et ce que cette initiative a signifié pour la marque.
Pourquoi Aston Martin a ressuscité le nom Lagonda en 2014
La renaissance de la Lagonda Taraf s’inscrit dans une stratégie d’image : réactiver un blason dormant pour adresser un micro-marché de clients à la recherche d’une berline de très grand luxe, initialement au Moyen-Orient. Révélée en privé à quelques VIP, l’auto a été pensée comme une série limitée hautement personnalisable, où l’exclusivité prime sur le volume, selon les présentations relayées par Motorlegend et la maison de ventes Bonhams.
Le choix du nom n’est pas anodin : “taraf” signifie “côté” en turc, une évocation subtile qui suggère une allure à part et une orientation assumée vers une clientèle de la péninsule Arabique. Dans cette optique, la Lagonda Taraf n’est pas une berline de conquête mondiale, mais une carte de visite affirmant le savoir-faire de Gaydon dans l’ultra-luxe sur-mesure.
En réactivant Lagonda, Aston Martin a capitalisé sur une lignée de berlines prestigieuses tout en se donnant la liberté de positionner la Lagonda Taraf au-dessus de la mêlée. Le choix d’une présentation confidentielle et d’une distribution ciblée a entretenu l’aura de mystère qui continue d’entourer ce modèle.
Une berline dérivée de la Rapide sur plateforme VH allongée
Techniquement, la Lagonda Taraf repose sur une évolution allongée de la plateforme VH, architecture en aluminium modulaire déjà partagée avec la DB9 et la Rapide. Cette base sert de colonne vertébrale, tout en autorisant un empattement accru pour offrir l’espace et la prestance attendus d’une limousine à chauffeur. Les sources Classic Trader et Motor1 décrivent cette filiation directe avec la Rapide, réinterprétée dans un registre beaucoup plus protocolaire.
Cette parenté est stratégique : elle garantit des fondamentaux dynamiques connus, tout en permettant d’isoler la Lagonda Taraf par sa présentation et ses matériaux. En pratique, la berline adopte une silhouette trois volumes très basse et allongée, éloignée des codes SUV ou des limousines germanophones, pour proposer une lecture résolument “Aston” du très haut de gamme.
Pour replacer la filiation dans la gamme, découvrez notre fiche dédiée à la Rapide et ses spécificités de coupé 4 portes dans notre guide Rapide, châssis et moteur en détail, ainsi que le dossier complet de la Lagonda Taraf et ses particularités d’assemblage.

Carrosserie carbone et V12 : la technique de la Taraf
La carrosserie de la Lagonda Taraf est réalisée en fibre de carbone, un choix rare pour une berline, qui allège la structure et autorise des formes ciselées. Selon Classic Trader et Motor1, cette peau composite coiffe l’ossature VH, conjuguant rigidité et exigence d’assemblage artisanal. Le dessin est signé Marek Reichman, chef du design Aston Martin, dont les lignes tendues et le traitement des surfaces confèrent à l’ensemble une signature immédiatement reconnaissable.
Sous le capot, la Lagonda Taraf embarque le V12 6,0 litres à 48 soupapes, donné pour 533 ch par Bonhams. Il transmet sa puissance aux roues arrière via une boîte automatique ZF Touchtronic III à 8 rapports. Aston Martin annonçait 0 à 100 km/h en 4,4 s et 314 km/h en pointe (source Bonhams), des chiffres qui placent la berline au niveau de sportives établies, malgré son gabarit de limousine.
Ce contraste technique — carrosserie carbone, V12 atmosphérique et architecture propulsion — illustre la volonté d’assumer un positionnement singulier. Pour les curieux de l’artisanat Aston, l’assemblage à la main a eu lieu dans le même atelier que la One‑77, une filiation explicitement mentionnée par Classic Trader et Motor1. À ce sujet, notre dossier Aston Martin One‑77, fabrication et héritage éclaire le rôle de cet atelier d’exception.
Un million de dollars : le tarif qui a fait parler
Le tarif de la Lagonda Taraf, dévoilé à Genève, a autant fait parler que l’auto elle-même : environ un million de dollars, selon Bonhams. L’écart était saisissant, avec un prix plus de cinq fois supérieur à celui d’une Mercedes‑Maybach S600, référence statutaire du segment. Ce positionnement tarifaire visait à sanctuariser l’exclusivité du projet, bien au-delà des codes de la limousine traditionnelle.
Dans les faits, le ticket d’entrée n’achetait pas seulement des matériaux nobles et des performances, mais un programme ultra-confidentiel, des finitions au cordeau et une relation directe avec l’atelier. La Lagonda Taraf assumait ainsi d’être une vitrine technologique et artisanale, dont le prix, au même titre que la fiche technique, servait de signal fort auprès de la clientèle visée.
Pour remettre ce tarif en perspective et consulter les données d’enchères et de marché, voir la fiche détaillée publiée par Bonhams : description et chiffres de la Lagonda Taraf vendue aux enchères, ainsi que la synthèse technique de Classic Trader : vue d’ensemble du modèle et spécifications.

Combien de Taraf ont vraiment été produites
Le volume exact de production de la Lagonda Taraf demeure l’un de ses mystères. Les sources divergent nettement, et il est essentiel de les citer. Classic Trader et Bonhams mentionnent toutes deux un total de 120 exemplaires. Motor1 évoque au contraire 150 unités. Enfin, le média unefilleauvolant parle d’environ 200 voitures. Ces chiffres non concordants participent à la légende du modèle.
Pourquoi une telle dispersion ? D’abord, parce que la Lagonda Taraf a été pensée comme une série à la commande, sur un marché initialement régionalisé. Ensuite, parce que l’assemblage artisanal et la communication mesurée autour du projet ont entretenu une part d’opacité. À défaut d’un chiffre officiel consolidé dans ces sources, la fourchette 120–150, et possiblement jusqu’à environ 200 unités selon unefilleauvolant, cadre la rareté exceptionnelle de cette berline.
Pour les collectionneurs, cette incertitude peut jouer sur la perception de la valeur. Elle conforte en tout cas l’idée d’une production confidentielle, et donc du statut de pièce singulière qu’incarne chaque Lagonda Taraf survivante sur le marché secondaire.
Conclusion : ce que la Lagonda Taraf raconte d’Aston Martin
En rassemblant ces faits, la Lagonda Taraf apparaît comme un manifeste d’artisanat et d’audace stratégique : présentation VIP au Moyen‑Orient, carrosserie en carbone, V12 de 533 ch, et un prix d’environ un million de dollars. Les sources que sont Bonhams, Classic Trader et Motor1 convergent sur l’ADN technique et l’approche ultra‑exclusiviste, tout en divergeant sur le nombre exact d’exemplaires, preuve de la confidentialité du programme.
Au-delà de la curiosité, la Lagonda Taraf rappelle qu’Aston Martin sait façonner des objets hors normes, adossés à la plateforme VH et à un atelier d’exception, celui de la One‑77. Pour approfondir, parcourez nos dossiers consacrés à la Lagonda Taraf, histoire et données clés et à la Rapide, base technique et héritage. Dans l’univers Aston, la Lagonda Taraf demeure un jalon rare, fascinant et débattu — et c’est précisément ce qui alimente sa légende.


