Historique

DB4 GT Zagato 1960 : 19 exemplaires et un designer de 23 ans

16 juin 2026 La Rédaction AstonLegacy 7 min de lecture

DB4 GT Zagato, des 19 originales aux Sanction II et III, Spada à 23 ans et la Continuation 2019 : genèse, chiffres clés, coulisses et cotes actuelles.


La DB4 GT Zagato est à la fois icône et cas d’école : 19 originales au lieu des 25 prévues, un jeune styliste de 23 ans pour en retoucher les lignes, puis des séries « sanctionnées » et une Continuation millésimée 2019. Voici la monographie qui replace ce coupé anglo-italien dans sa chronologie réelle, en expliquant d’où viennent les trois « sanctions » et comment Ercole Spada a façonné l’allure de la voiture, sans folklore inutile.

1960 : pourquoi 19 et non 25 – la commande qui ne s’est pas remplie

À l’origine, Aston Martin prévoit 25 exemplaires de la DB4 GT Zagato. La réalité industrielle en livre 19. Selon la fiche officielle publiée par media.astonmartin.com, la planification initiale n’a pas été intégralement honorée, aboutissant à une production écourtée. Le tarif catalogue britannique s’établissait alors à 5 157 £, taxes comprises, positionnant le modèle au sommet de l’offre de Newport Pagnell.

Le procédé était clair : les châssis sortaient de Newport Pagnell avant d’être expédiés chez Zagato, en Italie, pour la mise en forme et l’assemblage de la carrosserie. Cet aller-retour matérialisait l’alliance de l’ingénierie Aston Martin et de l’artisanat milanais. La DB4 GT Zagato naît donc d’une chaîne logistique internationale, déjà exigeante en 1960, où chaque lot ajoutait délais, coûts et incertitudes commerciales.

Faute d’avoir rempli la commande jusqu’au bout, la série s’est arrêtée à 19 unités. Ce déficit numérique a contribué à la réputation et à la valeur des autos, mais il témoigne surtout d’une époque où la viabilité d’une telle collaboration se mesurait voiture par voiture. Côté mécanique, le six-cylindres de 3,7 litres à allumage twin-spark revendiquait 314 ch, d’après media.astonmartin.com et astonmartin.com, donnant à ce coupé raccourci une base franchement affûtée.

Ercole Spada, 23 ans, apprenti chez Zagato : comment il a redessiné la GT

Février 1960 : Ercole Spada, 23 ans, entre comme apprenti chez Zagato. Quelques mois plus tard, il appose sa patte sur la DB4 GT, pour en proposer une interprétation allégée et plus fluide. D’après media.astonmartin.com, c’est ce très jeune styliste qui redessine les volumes clés de la DB4 GT Zagato, dans l’esprit de la maison milanaise : moins d’ornement, plus d’efficacité aérodynamique, des surfaces tendues et un pavillon allégé visuellement.

Spada ne réinvente pas, il épure. Les galbes se resserrent, les porte-à-faux se disciplinent, et la silhouette gagne en tension. On voit dans cette DB4 GT Zagato le langage d’un atelier de course transposé à la route, issu d’un regard neuf mais parfaitement inscrit dans la grammaire Zagato. C’est cette cohérence, presque intuitive, qui a donné au modèle sa posture si particulière, à la fois nerveuse et élégante.

Le contexte compte : avec des châssis fournis par Aston Martin et une mission claire – alléger et affiner – le jeune designer s’emploie à rendre la voiture plus vive et plus efficace. Spada signe là l’un de ses premiers faits d’armes, une œuvre fondatrice qui, rétrospectivement, installe sa réputation. La DB4 GT Zagato n’est pas qu’une jolie robe : elle exprime, par ses lignes, une recherche de performance cohérente avec son six-cylindres de 3,7 litres.

DB4 GT Zagato

Sanction II (1991) et Sanction III (2000) : les « nouvelles anciennes » approuvées par Newport Pagnell

La rareté des 19 originales a ouvert la voie aux reconductions « officielles ». La Sanction II voit le jour entre 1987 et 1991 : quatre voitures au total, assemblées avec l’aval d’Aston Martin. Selon Wikipedia, ces DB4 GT Zagato Sanction II se sont vendues à plus de 1 000 000 $ chacune, un signal précoce de l’appétit des collectionneurs pour des reconstructions dûment authentifiées par la marque.

En 1992, Walter Hayes – alors président d’Aston Martin – approuve deux unités supplémentaires, dites Sanction III, utilisant des carrosseries Zagato disponibles, d’après Wikipedia. Le point commun des Sanction II et III ? Une légitimité formelle conférée par Newport Pagnell, qui reconnaît et accompagne ces résurrections tardives, sans les confondre avec les 19 autos de 1960.

Ce régime de « sanctions » installe un précédent : l’idée qu’une DB4 GT Zagato puisse renaître selon les standards d’époque, sous contrôle de la marque et avec carrosseries d’origine ou issues des méthodes Zagato. Pour les propriétaires, l’intérêt est double : retrouver l’expérience stylistique et mécanique, tout en distinguant clairement l’ADN des autos 1960 et celui des séries postérieures.

La Continuation 2019 : 4 500 heures par voiture et la collection DBZ

Nouvelle étape en 2019 : Aston Martin lance la Continuation DB4 GT Zagato. Selon media.astonmartin.com, 19 exemplaires sont construits, chacun nécessitant environ 4 500 heures de travail. Le programme s’inscrit dans la DBZ Centenary Collection, une paire composée d’une DB4 GT Zagato Continuation et d’une DBS GT Zagato contemporaine, annoncée à 6 millions de livres pour l’ensemble.

Le cœur mécanique évolue : la DB4 GT Zagato Continuation reçoit un six-cylindres porté à 4,7 litres pour environ 400 ch (source Wikipedia), conservant l’esprit du bloc d’origine mais avec un supplément de souffle. L’objectif n’est pas de réécrire l’histoire, mais d’en offrir une lecture fidèle et utilisable, sous l’œil direct d’Aston Martin Works.

Le niveau d’artisanat revendiqué – ces 4 500 heures par voiture – traduit une approche quasi archéologique : retrouver le geste, les gabarits, la texture, et accorder chaque élément. Ce parti pris, assumé publiquement par Aston Martin, place la Continuation non pas en rivale des 19 de 1960 mais comme un hommage répliqué au cordeau, dans un cadre officiel et documenté.

DB4 GT Zagato

Cotes actuelles : ce que les enchères disent des originaux et des continuations

Sur le marché, les catégories se lisent distinctement. Les 19 DB4 GT Zagato originelles, fortes de leur histoire conjointe Newport Pagnell–Zagato et de leur motorisation 3,7 litres twin-spark de 314 ch, occupent un sommet raréfié. Les Sanction II (quatre voitures, 1987–1991) et les Sanction III (deux voitures, 1992), toutes approuvées par Aston Martin, forment une seconde strate recherchée, déjà passée au-delà du seuil du million de dollars dès leur commercialisation, selon Wikipedia.

Quant aux 19 Continuation 2019, elles composent une troisième voie, balisée par la marque et dotée de caractéristiques connues – environ 400 ch pour 4,7 litres – et d’un cadre de vente particulier : la DBZ Centenary Collection à 6 millions de livres la paire (source media.astonmartin.com). Ce positionnement spécifique, pensé par Aston Martin, tend à stabiliser leur statut d’objets patrimoniaux récents, sans empiéter sur l’aura des millésimes 1960.

Pour un collectionneur, l’équation tient donc à l’intention : pureté historique et rareté documentaire des 19 originaux ; légitimité officielle et parcimonie des Sanction II/III ; ou jouabilité sereine et traçabilité exemplaire des Continuation. Dans tous les cas, la DB4 GT Zagato demeure un repère, autant par ses chiffres de production que par la clarté de ses « chapitres » successifs.

Conclusion : une DB4 GT Zagato, trois chapitres et un style signé Spada

La DB4 GT Zagato raconte une histoire simple et précise : 19 originales au lieu de 25, une silhouette affinée par un Ercole Spada de 23 ans, puis trois « sanctions » successives – Sanction II, Sanction III et Continuation 2019 – toutes approuvées ou pilotées par Aston Martin. Les sources officielles de la marque, relayées par media.astonmartin.com et complétées par Wikipedia, cadrent sans ambiguïté les chiffres et la chronologie.

Cet enchaînement éclaire la valeur patrimoniale du modèle : les « 1960 » pour l’authenticité absolue, les Sanction II/III pour la rareté autorisée, les Continuation pour l’excellence d’exécution contemporaine. Si l’on devait retenir un fil rouge, ce serait celui d’un dessin juste, sans effets, imaginé chez Zagato par un jeune homme pressé de simplifier. En cela, la DB4 GT Zagato reste une leçon de sobriété rapide, que chaque chapitre a su préserver.

Pour aller plus loin sur les modèles et l’historique détaillé :

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