Historique

Grand tourisme DB6 1965 : 4 décisions aérodynamiques clés

20 août 2026 La Rédaction AstonLegacy 7 min de lecture

grand tourisme, essais en soufflerie, Kammback, empattement, Superleggera et Vantage : découvrez pourquoi la DB6 dépasse la DB5, sans folklore.


Dans l’univers du grand tourisme, la DB6 1965 est souvent résumée à une DB5 étirée. C’est commode, mais faux. Née d’un programme d’essais en soufflerie et d’arbitrages industriels précis, elle corrige une instabilité à haute vitesse, gagne en espace à bord et réduit ses coûts de fabrication. Voici, dans le détail, pourquoi ce grand tourisme marque une vraie rupture, et pas seulement une évolution cosmétique.

Le tunnel de soufflerie de février 1965 : pourquoi la DB5 levait la roue arrière à grande vitesse

La révélation commence en février 1965, lorsque les essais en soufflerie mettent à nu le talon d’Achille de la DB5 : une nette portance sur l’essieu arrière. Selon Wikipedia (Aston Martin DB6), cette tendance explique ces légers délestages ressentis à très haute vitesse, ce moment où le conducteur sent la voiture « flotter » plutôt que mordre le bitume. Dans la logique d’un grand tourisme appelé à enquiller les longues distances, le constat n’était pas anodin.

Le flux d’air se décollait trop tôt du pavillon, formait une zone basse pression à l’arrière et allégeait la charge sur les roues motrices. Dit autrement : la beauté profilée héritée de la DB5 générait un compromis aérodynamique perfectible. Les ingénieurs vont donc s’attaquer au sillage, pas à la puissance. Une élégance très britannique : corriger l’invisible avant de gonfler les chiffres.

Le diagnostic ne s’arrête pas à la théorie. Les runs en maquette confirment que l’appui peut être rétabli en retaillant proprement la poupe. Le futur « béquet » n’est pas un appendice de plus : il découle d’une lecture rigoureuse des courbes de pression. Et c’est bien ce sérieux méthodique qui ancre la DB6 dans la culture du grand tourisme, plus que tout badge clinquant.

Le becquet Kammback et l’empattement rallongé : deux réponses à un même problème de stabilité

Première réponse, le traitement de l’arrière façon Kamm. D’après le pressroom Aston Martin, l’adoption d’un becquet « Kammback » réduit la portance arrière de plus de 30 %. En langage de conducteur, cela signifie une poupe qui s’écrase davantage à vitesse élevée, un train arrière qui reste lisible, et une trajectoire qui ne s’élargit plus par surprise. L’esthétique y gagne une signature, mais l’objectif reste clair : canaliser le sillage.

Deuxième réponse, l’empattement allongé de 95 mm. Selon Carjager.com et Wikipedia, la DB6 est non seulement plus longue, mais aussi légèrement plus haute que la DB5. L’empattement grandit, l’assiette gagne en calme, les mouvements de lacet s’amortissent mieux. Pour un grand tourisme, la somme de ces micro-gains transforme la fatigue en sérénité : on conduit plus longtemps, plus vite, avec moins d’efforts.

Ce duo « Kammback + empattement » relève d’une même logique : stabiliser le flux et le châssis, simultanément. La DB6 ne cherche pas l’appui spectaculaire ; elle vise l’équilibre. L’auto devient plus prévisible en appui rapide et moins sensible aux variations de charge. Et, détail qui n’en est pas un, l’accès aux places arrière s’améliore, faisant de ce grand tourisme un compagnon plus polyvalent.

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La fin du Superleggera breveté : ce que Touring de Milan ne pouvait plus fournir

La DB6 naît encore dans l’ombre tutélaire de Touring de Milan et de son brevet Superleggera, qui valait à Aston Martin une redevance de 5 livres sterling par exemplaire. Techniquement, la construction par treillis tubulaire habillé d’aluminium se poursuit, mais la réalité industrielle change de cap : Touring cesse ses activités en 1967, et les badges disparaissent en cours de série (Wikipedia). Le grand tourisme se frotte ici à une question prosaïque : qui fabrique, et à quel coût ?

Ce retrait oblige Newport Pagnell à rationaliser. Sans renier la philosophie légère, la marque affine ses procédés pour gagner en cadence et en réparabilité, avec davantage d’acier et d’acier/aluminium selon les zones. À la clé, une carrosserie un peu moins « orfèvre milanais » et un peu plus « maîtrisée maison ». Moins spectaculaire, certes, mais cohérent avec l’ambition d’un grand tourisme produit sur une durée plus longue et dans un contexte de coûts sous surveillance.

On comprend mieux, ainsi, pourquoi la DB6 n’est pas qu’un dessin retouché. Elle incarne une stratégie industrielle de transition, respectant l’esprit Superleggera tout en s’en affranchissant partiellement. Pour l’acheteur, la promesse change subtilement : le charme artisanal reste, mais avec une maintenance plus simple et une disponibilité de pièces mieux sécurisée. Des vertus discrètes, fondatrices pour un grand tourisme utilisé au quotidien.

Le moteur Tadek Marek reconduit : 282 ch standard, 325 ch Vantage et le choix des carburateurs

À quoi bon revoir la soufflerie si l’on dénature le cœur ? Le six-cylindres en ligne conçu par Tadek Marek est reconduit, avec 282 ch à 5 500 tr/min en configuration standard selon Wikipedia. Carjager.com cite 285 ch, différence d’arrondi probablement. La version Vantage reçoit des triple carburateurs Weber 45DCOE et grimpe à 325 ch, un chiffre corroboré par Wikipedia et Nicholas Mee. Pour un grand tourisme, le message est clair : on affine le châssis et l’aéro, on garde la noblesse mécanique.

Le choix des carburateurs dit l’époque et l’intention. Les SU de la version standard privilégient la progressivité et la civilité — l’élan sur un filet de gaz, la souplesse en ville. Les Weber de la Vantage réclament plus de doigté, mais donnent une réponse plus pleine à haut régime. L’agrément n’est pas une abstraction : il colore la personnalité du coupé, entre gran turismo policé et tempérament plus affûté.

Cette continuité mécanique sert la cohérence du projet. En conservant la sonorité mate et la rondeur du Marek, la DB6 assume l’ADN du grand tourisme britannique : aller vite longtemps, dans une position de conduite plus détendue qu’une bête de circuit. L’appui aérodynamique gagné ne se dilapide pas en puissance de vitrine ; il se convertit en stabilité utile, au service du voyage.

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DB6 Shooting Brake et Volante 140 exemplaires : les carrosseries que peu de collectionneurs connaissent

La DB6 se décline avec un sens du rare qui sied aux connaisseurs. D’après Wikipedia, il n’existe que 6 Shooting Brake réalisés par Harold Radford et 2 par FLM Panelcraft. Quant à la DB6 Volante, elle a été produite à seulement 140 exemplaires, dont 29 Vantage Volante. Ces chiffres donnent la mesure d’un grand tourisme pensé aussi pour les usages singuliers : transporter chiens et bagages en break chic, ou savourer le ciel ouvert sans renoncer au raffinement mécanique.

La postérité a offert à la Volante une vitrine royale : Charles III possède une DB6 Volante MkII convertie à l’E85 (Wikipedia). Parmi les propriétaires célèbres figurent Paul McCartney, Mick Jagger, Peter Sellers ou encore Twiggy, comme le rappelle le site officiel Aston Martin. Des noms qui n’expliquent rien à la soufflerie, mais disent beaucoup de l’aura d’un grand tourisme devenu icône culturelle.

Pour replacer ces déclinaisons dans la lignée, on pourra utilement consulter la page de la DB6 chez Aston Martin, la fiche détaillée de Wikipedia, ainsi que le pressroom de la marque pour la part aérodynamique. Ces ressources prolongent utilement l’analyse technique et historique, au-delà des mythes qui collent à ce grand tourisme.

Conclusion — le grand tourisme DB6, un programme d’ingénierie à part entière

La DB6 n’est pas une DB5 restylée ; c’est un grand tourisme redessiné par la soufflerie, stabilisé par un Kammback et un empattement rallongé, et rationalisé par l’évolution post-Superleggera. En reconduisant le six-cylindres Tadek Marek (282 ch standard, 325 ch Vantage), Aston Martin a préféré l’harmonie à la surenchère. Résultat : une voiture plus stable, plus habitable et plus cohérente en production, fidèle à l’idéal du grand tourisme britannique.

Pour prolonger la lecture : notre dossier sur l’Aston Martin DB6 en détail, la DB5 et ses spécificités, et les racines du six en ligne avec la DB Mark III. Côté sources, consultez la synthèse historique de Wikipedia sur la DB6, le pressroom Aston Martin consacré à la DB6 pour l’aérodynamique, et la page officielle DB6 dans les modèles passés pour l’iconographie et les rappels de gamme. Ainsi s’éclaire, sans folklore, ce grand tourisme dont la précision technique a façonné la légende.

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