Vulcan, ses 24 exemplaires, son V12 réglable jusqu’à 820 ch, l’unique conversion route, le pack AMR Pro et l’héritage Multimatic DSSV expliqués sans folklore.
Vulcan n’est pas qu’un prix à huit chiffres : c’est une fiche de fabrication pleine de clins d’œil techniques et de choix assumés. Voici cinq détails que les connaisseurs apprécient vraiment, du calendrier des 24 Heures du Mans codé dans la production au sélecteur de puissance en trois paliers, sans oublier la conversion route signée RML, l’AMR Pro de 2017 et l’empreinte Multimatic DSSV. L’objectif : comprendre ce que ce modèle raconte de Gaydon quand le chronomètre et la valeur de revente ne suffisent pas.
Pourquoi 24 exemplaires et pas 25 : le calcul du Mans expliqué
La limite ne doit rien au hasard. Vingt-quatre autos, une pour chaque heure du Mans : l’intention était explicite au lancement, selon Wikipedia (Aston Martin Vulcan) et le site media d’Aston Martin. Ce clin d’œil inscrit d’emblée la voiture dans la tradition d’endurance de la marque, sans l’enfermer dans un règlement technique.
Le chiffre s’accompagne d’un ticket d’entrée à 2,3 M$, et des livraisons en 2016 (mêmes sources). Le geste n’est pas seulement symbolique : il cadre la rareté et crée un langage commun avec ceux qui savent ce que représentent 24 heures à 100 % d’intensité. Plutôt que 25 pour faire « série ronde », on retient la rythmique du Mans.
Ce choix explique aussi le positionnement : une série ultra-courte, pensée piste, qui n’emprunte pas le chemin d’une homologation de lot. La présentation de notre dossier dédié rappelle d’ailleurs comment Aston Martin a réservé ce projet à un cercle préparé à l’exploitation circuit.
Le V12 7,0 litres atmosphérique : trois niveaux de puissance sélectionnables de 500 à 820 ch
Au cœur, un V12 atmosphérique de 7,0 litres qui développe 831 PS (820 ch) à 7 750 tr/min, assorti d’un sélecteur à trois positions : 500 ch, 675 ch ou 820 ch, selon Wikipedia. L’idée est simple et rare : donner une progressivité exploitable à un propriétaire, du roulage pédagogique au plein potentiel.
Cette graduation n’est pas un gadget. Elle permet d’apprendre une auto au rapport poids/puissance aiguisé avant d’ouvrir toutes les vannes. Sur piste froide, en découverte de tracé ou pour garder des pneus dans la bonne fenêtre, le cran intermédiaire devient un outil. La presse a souvent retenu la puissance maximale ; la finesse est dans le variomètre plutôt que dans le sommet.
La mécanique s’articule avec une transmission séquentielle Xtrac à 6 vitesses et un tube de couple en magnésium, pour un poids à sec de 1 350 kg (Wikipedia). Des choix de spécialiste, plus proches d’un programme client sérieux que d’un exercice de style. Notre analyse de la Vulcan piste 820 ch les replace dans la lignée des grands V12 d’Aston.

L’unique Vulcan homologué route : 18 mois de travail par RML Group
Un seul exemplaire a franchi la barrière : RML Group a rendu une Vulcan légale sur route au terme de 18 mois de modifications, d’après Wikipedia. Il demeure à ce jour l’unique cas.
Pourquoi est-ce notable ? Parce que convertir un pur-sang de piste conçu sans compromis en engin civilisé implique un travail de packaging, de garde au sol, de visibilité, de bruit et d’émissions qui n’a rien d’anecdotique. Le temps passé dit assez la profondeur du chantier. L’auto reste ce qu’elle est : une voiture d’engagement. Mais la simple existence de cet exemplaire éclaire la qualité d’ingénierie du modèle d’origine.
On notera que cette parenthèse ne dénature pas l’intention du programme. Elle souligne plutôt la marge structurelle du châssis et des auxiliaires. Comme souvent chez Aston Martin, l’exception confirme la règle et nourrit, en collection, une micro-histoire dans l’Histoire.
Le pack AMR Pro 2017 : de 3 150 N à 4 000 N d’appui à 160 km/h
Présenté au Goodwood Festival of Speed le 29 juin 2017, le pack AMR Pro porte l’appui aérodynamique de 3 150 N à 4 000 N à 100 mph (environ 160 km/h), selon le communiqué officiel media.astonmartin.com. Pour situer, la Vantage GTE gagnante au Mans 2017 est donnée à 3 104 N au même point de mesure par la même source.
Au-delà du chiffre, le message est clair : on travaille la charge utile avant de chercher plus de chevaux. Aileron, volets, éléments de soubassement, chaque pièce d’appui sert la constance. Là encore, peu de battage, beaucoup d’efficacité. Cette évolution s’inscrit dans l’écosystème AMR qui, à l’époque, formalise les versions les plus affûtées.
Pour replacer l’ensemble dans la communication de la marque, on pourra relire la page d’actualité dédiée sur astonmartin.com, qui revient sur l’esprit du programme et sa clientèle piste.

Marek Reichman, Multimatic DSSV et les choix qui séparent le Vulcan d’un prototype de course
Le dessin signé Marek Reichman puise dans la Vantage, la DB9 et la One‑77 (Wikipedia). On lit d’un coup d’œil la grammaire Aston Martin, mais haussée pour la piste. Les volumes restent expressifs sans basculer dans l’anonymat aérodynamique d’un proto.
Côté châssis, la suspension recourt à des amortisseurs Multimatic DSSV réglables (Wikipedia). Ceux qui suivent l’endurance savent ce qu’implique cette technologie en termes de précision et de répétabilité. C’est ici un marqueur d’intention : s’approcher des méthodes du sport sans rompre le fil d’une voiture de marque.
La séparation avec un véritable prototype se joue là : liberté de style, ergonomie pensable pour un propriétaire, et une chaîne cinématique V12 atmosphérique qui conserve un lien sensoriel fort. L’héritage One‑77 affleure dans la posture et les matériaux, tandis que les composants course, soigneusement choisis, plantent des jalons techniques crédibles.
Conclusion : ce que Vulcan raconte, au-delà de l’étiquette
On réduit souvent Vulcan à son prix et à sa rareté ; c’est passer à côté de cinq décisions qui font la substance du projet : 24 exemplaires pour 24 heures, un V12 modulable de 500 à 820 ch, une conversion route unique signée RML, un AMR Pro à 4 000 N d’appui à 100 mph, et l’empreinte Multimatic DSSV sous le trait de Reichman. Pris ensemble, ces choix dessinent une Aston Martin de piste qui parle d’endurance, de pédagogie et de mise au point plutôt que de spéculation.
Pour aller plus loin, notre fiche Vulcan et l’analyse technique détaillée complètent cette lecture, tandis que la trajectoire One‑77 éclaire la filiation. Au final, Vulcan n’est pas une formule : c’est une méthode. Et, pour une Aston pensée d’abord pour la piste, c’est peut‑être le plus beau compliment.


