Lagonda Serie 2 : dévoilée au Motor Show de Londres en 1976, cette berline en coin de William Towns a choqué par son électronique embarquée et son style radical.
Lagonda Serie 2: dès son apparition, cette berline à l’allure en coin a imposé une vision radicale de ce que pouvait être une Aston Martin de salon, mêlant un style anguleux signé William Towns, un tableau de bord entièrement numérique et une mécanique V8 aussi noble que singulière. Présentée au London Motor Show d’Earls Court en 1976, la Lagonda Serie 2 s’impose encore aujourd’hui comme l’ovni le plus audacieux jamais sorti de Newport Pagnell, une proposition qui marie audace formelle et expérimentation technologique à une époque charnière pour la marque.
1975-1976 : la renaissance d’Aston Martin et le pari fou de la Lagonda Serie 2
La Lagonda Serie 2 est dévoilée en 1976 au London Motor Show d’Earls Court, avec l’ambition d’incarner un renouveau stylistique et technique pour Aston Martin. Cette présentation londonienne officialise un pari industriel rare: faire d’une grande berline de luxe un manifeste futuriste, autant par sa silhouette ultra-anguleuse que par son poste de conduite entièrement numérique. La Lagonda Serie 2 traduit une volonté affirmée de bousculer les codes établis, et de projeter la marque vers un horizon nouveau.
Ce geste s’inscrit dans une séquence où Aston Martin cherche à redéfinir sa trajectoire. La précédente Lagonda, dite Serie 1 et lancée en 1974, n’avait trouvé que 7 acquéreurs (source: Wikipedia), preuve que le nom Lagonda devait retrouver un sens et une identité propre. La Lagonda Serie 2 répond précisément à cet enjeu: assumer une ligne stylistique tranchée et revendiquer une expérience de conduite inédite, en phase avec les aspirations high-tech de la décennie.
Le positionnement technique suit la même logique d’affirmation. Sous le capot, la berline adopte un V8 DOHC de 5 341 cm3, cœur mécanique statutaire et raffiné. Quant à la suite industrielle, elle ne démarrera qu’à la fin de 1978, confirmant l’ampleur du défi relevé par la Lagonda Serie 2 et le soin apporté à la mise au point d’un ensemble aussi disruptif dans le paysage des berlines de prestige.
William Towns et le design en coin : une rupture totale avec le passé
La signature visuelle de la Lagonda Serie 2 est l’œuvre de William Towns, déjà auteur de la Serie 1 de 1974 (source: Wikipedia). Avec cette carrosserie en coin, tendue et basse, Towns opère une rupture franche avec l’héritage des lignes arrondies et classiques. Les volumes sont épurés à l’extrême, les surfaces semblent pliées au couteau, et le profil file vers l’avant dans une continuité géométrique assumée. Cette approche confère à la Lagonda Serie 2 une présence scénique imparable.
La pureté graphique de l’ensemble sert un propos clair: faire de la Lagonda Serie 2 une sculpture roulante qui incarne une ère de précision et d’audace. On lit dans ce dessin une volonté d’aligner le style extérieur sur la révolution intérieure qui l’accompagne, notamment l’instrumentation numérique et les interfaces sensitives. L’architecture en coin, immédiatement identifiable, transforme chaque apparition en statement visuel.
Ce geste créatif peut être redécouvert dans notre dossier dédié, qui détaille la genèse, la silhouette et les spécificités de la version 1976: la fiche de la Lagonda 1976. Pour prolonger la perspective historique et officielle, le dossier de presse Aston Martin consacré à la Lagonda Series 2 documente le rôle de William Towns et la portée de ce parti-pris stylistique singulier.

L’électronique embarquée : un tableau de bord du futur qui dysfonctionne
Dans l’habitacle, la Lagonda Serie 2 explore une autre frontière: un tableau de bord entièrement numérique et des commandes sensitives, développés sous l’influence de Peter Sprague, alors directeur d’Aston Martin également impliqué chez National Semiconductor (source: media.astonmartin.com). Cette ambition place la berline à l’avant-garde des interfaces automobiles de son époque et fait écho à l’esthétique en coin: la technologie comme cœur du projet.
La mise en œuvre d’un affichage intégralement numérique et de commandes tactiles sur une automobile de série était toutefois une entreprise périlleuse. La sophistication des systèmes, leur caractère pionnier et l’intégration matérielle/logicielle ont rendu la mise au point particulièrement exigeante. Dans ce contexte, la Lagonda Serie 2 a acquis la réputation d’un laboratoire roulant: visionnaire dans son intention, exigeante par la complexité qu’elle introduit au quotidien.
Cette veine avant-gardiste demeure l’une des raisons essentielles pour lesquelles la Lagonda Serie 2 fascine encore: elle matérialise l’instant où l’automobile de luxe tente un saut technologique d’ampleur. La synthèse des sources officielles et historiques, notamment le récapitulatif Aston Martin et la page Wikipédia (en anglais) consacrée à l’Aston Martin Lagonda, éclaire le rôle catalyseur joué par Peter Sprague et l’esprit d’expérimentation de l’époque.
Production difficile : 16 voitures en deux ans, puis une montée en cadence
Si la Lagonda Serie 2 est présentée en 1976, la production effective ne démarre qu’à la fin de 1978 (sources: motorsdb.com; astonmartins.com). Ce décalage illustre la complexité d’un projet aussi disruptif, tant sur le plan électronique que dans la fabrication d’une carrosserie et d’un habitacle hors normes. Le résultat, au cours des deux premières années de production, n’atteint que 16 exemplaires, un chiffre qui dit l’ampleur des défis industriels relevés.
Au-delà de ce départ timide, la cadence progresse par la suite, sans jamais diluer la singularité de la proposition. L’ensemble des séries Lagonda produites entre 1974 et 1990 totalise 645 exemplaires (source: Wikipedia), ce qui souligne le statut de rareté attaché au modèle. Dans ce contexte, la Lagonda Serie 2 occupe une place cardinale: vitrine d’un savoir-faire, mais aussi d’une audace qui dépasse de loin les pratiques habituelles de la catégorie.
Pour le passionné, les jalons de cette montée en puissance et les variantes associées sont précisés sur la fiche détaillée AstonMartins.com consacrée à la Lagonda Series 2. On y mesure combien la Lagonda Serie 2 a structuré l’identité de la lignée moderne Lagonda, entre innovation et artisanat hautement spécialisé.

Héritage et cote actuelle : du beau fixeur à l’icône rétro-futuriste
La trajectoire de la Lagonda Serie 2 illustre un curieux paradoxe: initialement perçue comme une proposition décalée, elle s’impose aujourd’hui comme une icône rétro-futuriste. Sa rareté, son design radical et son poste de conduite numérique l’ont fait passer, dans l’imaginaire collectif, du rôle de curiosité ambitieuse à celui de pièce maîtresse d’une époque. C’est une lecture que corrobore l’héritage total de 645 exemplaires produits pour toutes les séries confondues (1974-1990, source: Wikipedia), indice d’une exclusivité durable.
Sur le plan mécanique, le V8 DOHC de 5 341 cm3 apporte à la Lagonda Serie 2 le souffle et la noblesse attendus d’une Aston Martin. Côté puissance, les sources divergent: guide-automobiles-anciennes.com évoque environ 309 ch, tandis que Wikipedia indique 320 hp (324 PS). Cette différence s’explique par la méthode de mesure, mais elle rappelle surtout que la Lagonda Serie 2 combine avant-garde électronique et grande tradition moteur. Pour approfondir ce pan mécanique côté lignée, notre page consacrée au AM V8 d’Aston Martin offre un complément utile.
À travers les décennies, l’empreinte culturelle de la Lagonda Serie 2 s’est renforcée. Son alliance entre une ligne en coin absolue et une instrumentation numérique la rend immédiatement reconnaissable, et son histoire se lit comme un manifeste d’audace. Pour replacer cette aventure dans le temps long de la marque, consultez notre rétrospective sur l’histoire d’Aston Martin, qui éclaire la manière dont des paris comme la Lagonda Serie 2 ont façonné l’image du constructeur.
Conclusion – Lagonda Serie 2, une vision qui traverse les époques
De sa révélation au London Motor Show de 1976 à sa production lancée fin 1978, la Lagonda Serie 2 synthétise le meilleur d’Aston Martin quand la marque choisit l’audace: design en coin signé William Towns, cockpit numérique à commandes sensitives sous l’impulsion de Peter Sprague, et V8 DOHC de 5 341 cm3 pour l’âme mécanique. La Lagonda Serie 2 incarne cette articulation rare entre expérimentation et exclusivité, capturée par des volumes de production limités et une aura qui n’a cessé de croître.
À l’heure où l’on redécouvre les visions fondatrices de l’automobile de prestige, la Lagonda Serie 2 demeure un repère. Elle prouve qu’une berline peut être une œuvre d’ingénierie et de style, une page tournée vers l’avenir. Pour un panorama documenté, conjuguez notre dossier Lagonda 1976 avec les ressources externes de référence, dont le site média officiel d’Aston Martin sur la Series 2 et la synthèse encyclopédique dédiée à la Lagonda – autant de points d’appui pour mesurer la portée durable de cette vision.


