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V12 Speedster 2020 : 88 exemplaires et 4 décisions clés

29 août 2026 La Rédaction AstonLegacy 8 min de lecture

V12 Speedster : 88 exemplaires, DBR1 en filigrane, châssis Vantage/DBS et V12 biturbo détuné. Décryptage technique, prix et position de collection.


Le V12 Speedster n’est pas une coquetterie de salon : le V12 Speedster naît en 2020 avec 88 exemplaires, un prix de base annoncé à 950 000 $, et une fiche technique qui l’éloigne nettement d’une simple Vantage sans toit. Au-delà du geste, ce modèle convoque le DBR1, marie des éléments de Vantage Roadster et de DBS Superleggera, et adopte un V12 biturbo légèrement détuné. Voici les quatre décisions qui en font une Aston à part, pensée pour des collectionneurs qui aiment comprendre ce qu’ils achètent.

Le chiffre 88 et la référence au DBR1 : pourquoi ce nombre et pas un autre

Produire 88 exemplaires, c’est choisir la rareté sans tomber dans l’anecdotique. Cette série limitée a été annoncée à partir de 2020, avec un tarif de départ de 950 000 $ selon les données compilées par Wikipédia. Un volume qui signale l’exclusivité et facilite la traçabilité pour les collectionneurs, tout en garantissant une présence suffisante pour animer les ventes aux enchères futures.

Le clin d’œil est explicite : le design du V12 Speedster s’inspire directement du DBR1 de la fin des années 1950, la barquette qui a écrit quelques-unes des plus belles pages d’Aston Martin en compétition, et du concept CC100 Speedster de 2013. Les proportions, la séparation centrale, l’absence de pare-brise et les volumes des capots reprennent ce vocabulaire. La filiation n’est pas décorative ; elle oriente l’usage et l’expérience à bord.

La référence au DBR1 installe aussi un cadre d’interprétation. Ce n’est pas une Vantage Roadster « découverte », mais une barquette moderne, affiliée à la culture course-client d’Aston. En fixant le curseur sur l’icône DBR1 et non sur la GT, Gaydon annonce une voiture d’enthousiaste, au sens littéral : l’enthousiasme du flux d’air et des sensations non filtrées.

Châssis Vantage Roadster, structure avant DBS Superleggera : l’architecture sur mesure que peu d’articles ont détaillée

La recette est singulière. Le V12 Speedster repose sur l’aluminium de la Vantage Roadster, mais reçoit la structure avant du DBS Superleggera pour loger le V12 de plus grand gabarit. Cette hybridation de composants majeurs n’est pas courante : elle dépasse le simple partage de sous-ensembles et aboutit à une architecture réellement sur mesure.

Ce choix technique éclaire le positionnement du modèle. La base de Vantage apporte compacité et agilité, quand la face avant héritée du DBS offre l’espace et la rigidité nécessaires au V12 biturbo 5,2 litres. Le résultat, c’est une Aston Martin ouverte qui conserve des proportions ramassées, avec un avant fort et une cinématique de refroidissement pensée pour un bloc bien plus imposant que le V8 de la Vantage.

On comprend mieux, ainsi, pourquoi ce Speedster ne peut être réduit à une Vantage dépourvue de toit. Sa géométrie, son packaging mécanique et sa rigidité locale diffèrent. Et les périphériques suivent : roues forgées de 21 pouces à verrouillage central et freins carbone-céramique, autant d’éléments qui trahissent une vocation sportive sérieuse, loin du simple exercice de style.

Pour aller plus loin sur la généalogie contemporaine, notre dossier sur la Vanquish Mk2 et sa place dans la lignée des GT éclaire le jeu de châssis et de moteurs à Gaydon à la même époque.

V12 Speedster

Le V12 biturbo 700 ch : ce qui a été détuné par rapport au DBS Superleggera et pourquoi

Au cœur du V12 Speedster, on retrouve le V12 biturbo 5,2 litres issu du DBS Superleggera, ici légèrement détuné à 700 PS (690 ch) au lieu de 725 PS. La boîte ZF à 8 rapports assure la transmission. Le 0 à 100 km/h est annoncé en 3,5 s et la vitesse maximale à 300 km/h, des chiffres qui placent ce modèle dans la même zone de performance que la V12 Vantage S, à laquelle Wikipédia attribue une accélération identique.

Pourquoi ce « détuning »? Pour un Speedster sans pare-brise, l’équilibre entre poussée et exploitable prime. Abaisser légèrement la puissance permet d’optimiser le refroidissement, la réponse et l’endurance mécanique dans un environnement aérodynamique particulier. Un régime de couple calibré pour la route ouverte, sans toit ni filet, exige une progressivité accrue et une gestion thermique soignée.

La vitesse de pointe bridée à 300 km/h relève de la même logique pragmatique. Sur une barquette, l’air devient un protagoniste. Stabiliser l’aéro et préserver l’agrément à haute vitesse passent avant la course au dernier kilomètre-heure. Aston Martin a communiqué ces spécifications lors du lancement, et la page d’annonce officielle en rappelle l’essentiel. Pour le détail institutionnel, voir la présentation du V12 Speedster sur le site de la marque.

Ce calibrage n’amoindrit pas l’intérêt mécanique. Il concentre la signature V12 — onctuosité, allonge, timbre — dans une configuration plus exploitable sur route et sur circuit-club. Un compromis très britannique, en somme.

Pas de toit, pas de filet : les pods, le casque intégré et l’expérience de conduite revendiquée

L’absence de toit et de pare-brise n’est pas un gimmick. Le V12 Speedster opte pour deux arches et une séparation centrale, avec des pods derrière les sièges qui accueillent des casques. Une sacoche en cuir remplace la boîte à gants, signe que l’on voyage léger. Cette ergonomie minimale renforce l’idée d’une machine d’instant, plutôt qu’une GT de grand rayon.

Le discours d’architecture a une traduction claire sur route : on roule casque sur la tête, visière baissée, et l’air façonne l’expérience. Les bruits d’admission et d’échappement montent sans filtre. La direction, le freinage carbone-céramique et la monte de 21 pouces confèrent au châssis une précision qui sied à un V12 placé en vedette.

Ce parti-pris, hérité du DBR1 et du concept CC100, est documenté par les synthèses techniques de Wikipédia et par la communication d’Aston Martin. Les amateurs y verront l’occasion de renouer avec une conduite « analogique » au sens noble, portée par la combustion et le flux d’air. Les autres y verront… beaucoup de vent. Les deux ont raison.

Pour situer ce choix face aux autres V12 de la marque, notre guide consacré à la V12 Vantage et ses évolutions offre un utile contrepoint, du coupé fermé à la barquette ouverte.

V12 Speedster

La cote en 2024-2025 et la place du Speedster dans la hiérarchie des Aston Martin de collection

Avec 88 exemplaires, le V12 Speedster s’inscrit d’emblée dans le club restreint des Aston modernes à tirage minimal. Cette rareté, ajoutée à la singularité d’usage, en fait une pièce de collection identifiable. La cote dépendra de critères classiques : provenance, spécifications, kilométrage, et surtout l’attrait durable pour les barquettes contemporaines.

Face aux icônes établies, la hiérarchie se dessine. Les hypercars à tirage extrême comme la One-77 restent au-dessus en valeur absolue. Mais la barquette se distingue par son récit et ses chiffres-clés, qui plaisent au marché : V12 biturbo, 700 PS, 0-100 en 3,5 s, 300 km/h, et une architecture mêlant Vantage et DBS. C’est un cas d’école pour un collectionneur voulant diversifier au-delà des coupés GT.

Pour replacer l’objet dans la galaxie des séries limitées maison, notre panorama de l’hypercar One‑77 et son empreinte technique trace une ligne directe entre les manifestes d’ingénierie et ces autos de passion pure. Le V12 Speedster y gagne une place originale : moins radical en fiches techniques, plus radical en sensations.

Quant aux sources publiques disponibles, la page de la Vantage (2018) sur Wikipédia rappelle le cadre tarifaire et contextuel du lancement, utile pour suivre l’évolution de marché. Pour une synthèse dédiée, consulter l’article Wikipédia sur la Vantage 2018 et la page française consacrée au V12 Speedster.

Conclusion : ce que le V12 Speedster raconte de Gaydon

Le V12 Speedster n’est pas une Vantage Roadster privée de toit. C’est une auto-pont entre patrimoine et ingénierie contemporaine : 88 exemplaires, un clin d’œil clair au DBR1, une structure mêlant Vantage et DBS Superleggera, et un V12 biturbo détuné pour l’usage réel. En conjuguant ces décisions, Gaydon signe une barquette de collection qui parle aux sens, sans renier la métrique.

À l’heure où les GT se ferment et s’électrifient, le V12 Speedster offre un contrechamp rare. Ceux qui en chercheront une en 2024‑2025 verront sans doute une cote tenue par la rareté et portée par un récit cohérent. Les autres retiendront une leçon : quand Aston Martin met un V12 à ciel ouvert, elle ne retire pas seulement un toit ; elle ajoute une idée.

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