Historique

DB4 GT 1959 : la plus rapide du monde selon ses propres chiffres

04 juillet 2026 La Rédaction AstonLegacy 8 min de lecture

DB4 GT : châssis court, 302 ch, 75 exemplaires et un rôle clé entre DB4 et DB5. Retour sur sa technique, ses courses et son héritage stylistique.


La DB4 GT est l’Aston Martin qui, en octobre 1959, a déplacé les lignes : châssis raccourci, trois carburateurs Weber et une promesse claire, aller plus vite et plus loin que la DB4 standard. Au London Motor Show, ce coupé taillé au cordeau s’affirme comme un modèle à part entière, entre grand tourisme affûté et baroudeuse des circuits. Voici ce que l’on sait, chiffres à l’appui, de sa technique, de ses 75 exemplaires, de sa campagne sportive face à Ferrari, et de ce qu’elle a transmis à la DB5.

La DB4 GT présentée en octobre 1959 : châssis court et moteur survitaminé

Présentée au London Motor Show d’octobre 1959, la DB4 GT entérine une stratégie simple et efficace : alléger, raccourcir, affûter. Selon Aston Martin, elle adopte un châssis raccourci, des phares carénés et une évolution musclée du six-en-ligne à double arbre de Tadek Marek alimentée par trois Weber. L’objectif est limpide : offrir une version plus vive et plus compétitive que la DB4 de route, sans renoncer à l’élégance signée Touring.

Ce raccourcissement de l’empattement n’est pas anecdotique : il resserre la voiture autour de son conducteur, rend la direction plus directe et améliore la réactivité en appui. L’aérodynamique progresse aussi avec les optiques carénées, détail à la fois esthétique et fonctionnel, reflet d’un souci de performance qui dépasse le simple exercice de style.

La maison mère détaille également un allègement substantiel. Par rapport à la DB4 standard, le coupé perd 85 kg, un régime qui change tout en accélération et en freinage. Le résultat, on le mesurera plus bas, catapulte la DB4 GT au rang de référence de son époque.

Sur le plan moteur, la base est connue : le 3,7 litres double arbre à cames en tête conçu par Tadek Marek. Mais la préparation spécifique, l’admission par triple Weber et la mise au point dédiée confèrent à la mécanique une élasticité et une vigueur qui font la différence sur route comme sur piste.

Trois carburateurs Weber et 302 ch : ce que cela signifiait en 1959 sur route

D’après les données compilées par Wikipedia, la DB4 GT revendique 302 hp, une vitesse maximale de 153 mph (246 km/h) et un 0–60 mph en 6,1 s. À la fin de 1959, ces chiffres ne relèvent pas de la coquetterie technique : ils installent la voiture, de série et légale sur route, au sommet de la hiérarchie de l’époque. La barre symbolique des 150 mph place l’Aston dans un club rarissime où, alors, elle dicte la cadence.

Les trois carburateurs Weber ne servent pas qu’à gonfler une valeur de puissance. Ils affûtent la réponse, stabilisent l’alimentation à haut régime et participent à la tenue des chronos. L’agrément sur route s’en ressent : plus de nerf à mi-régime, moins d’inertie à la reprise et, au besoin, une vitesse de croisière inédite pour une grand tourisme.

Le gain de 85 kg par rapport à la DB4 standard est l’autre pilier de la performance. Allégée, la voiture freine plus court, vire plus franc et déleste la mécanique d’un effort inutile. Cette alchimie poids/puissance, combinée au châssis plus compact, explique pourquoi la DB4 GT est devenue une référence instantanée aux yeux des essayeurs comme des gentlemen drivers.

Sur le plan symbolique, être « la plus rapide du monde selon ses propres chiffres » en 1959 n’est pas une fanfaronnade : c’est une promesse tenue par la technique. La DB4 GT s’affirme ainsi non comme une simple variation sportive, mais comme la synthèse d’un programme clair, orienté vers la performance réelle et mesurable.

DB4 GT

75 exemplaires produits, dont plusieurs lightweights de course

La série reste volontairement limitée. Selon le constructeur et les relevés de Wikipedia, 75 DB4 GT carrossées par Touring sont produites. Dans ce total, plusieurs versions allégées destinées à la compétition voient le jour, avec l’objectif explicite d’optimiser l’auto pour Goodwood, Le Mans et les joutes continentales face à la concurrence italienne.

Cette rareté, loin d’être un argument de collectionneur d’aujourd’hui, s’explique par la vocation même du modèle. La voiture est un instrument : sur piste, quelques kilos de moins ou un réglage d’admission plus pointu peuvent décider d’une place sur la grille. Les variantes « lightweights » assument pleinement ce parti-pris, tout en préservant l’ADN du coupé de route.

Dans l’atelier, le pragmatisme l’emporte : alléger là où cela compte, fiabiliser ce qui doit l’être, et conserver l’allure. Les carrosseries Touring, d’une finesse rare, offrent ce compromis entre élégance et efficacité que l’on retrouvera ailleurs dans la lignée DB.

Cette production mesurée contribue aujourd’hui encore à la valeur historique du modèle. Non pas par artificiel effet de pénurie, mais parce qu’elle témoigne d’un projet clairement ciblé : faire de la DB4 GT une arme crédible sur les circuits, sans l’extraire de la route ouverte.

La DB4 GT sur les circuits : Goodwood, Le Mans et la confrontation Ferrari

La vocation de la DB4 GT s’entend autant dans les paddocks que sur le Mall de Londres. Si l’on parle de Goodwood et du Mans, ce n’est pas par folklore : c’est bien sur ces pistes et d’autres théâtres européens que les versions allégées s’expriment. L’affrontement avec Ferrari est une ligne directrice de la période 1959–1963, chaque camp peaufinant son interprétation du grand tourisme sportif.

Face aux concurrentes de Maranello, l’Aston oppose sa rigidité accrue, son allègement et la disponibilité de son six-en-ligne. La confrontation, parfois féroce, valide les choix techniques : empattement court, freinage et alimentation par Weber sont autant d’armes pour tenir la cadence en course.

Au-delà des résultats précis, que l’on ne tranchera pas ici faute de sources chiffrées complémentaires, l’essentiel est ailleurs : la DB4 GT démontre que l’on peut concevoir une voiture de route réellement compétitive sans renier le confort minimal et l’élégance. Cette synthèse, typiquement britannique, n’a rien de théorique ; elle se mesure au chrono autant qu’au plein phare des retours par la route.

Pour un panorama d’ensemble de l’ADN DB4 côté route, nos lecteurs pourront explorer la présentation dédiée de la DB4 standard et ses évolutions, utile pour situer la GT dans sa lignée immédiate, puis plonger dans notre dossier compétition dédié à la DB4 GT face à Ferrari entre 1959 et 1963.

DB4 GT

Filiation entre la DB4 GT et la DB5 : ce qui a passé et ce qui ne l’a pas fait

Entre la DB4 GT et la DB5, le fil n’est pas que narratif. Selon le constructeur, ces deux modèles jouent un rôle fondateur dans les codes de design Aston Martin contemporains. Calandre, proportions, épure des flancs et posture générale : on retrouve sur la DB5 une continuation élégante de cette grammaire, raffinée sans être dénaturée.

Ce qui passe de l’une à l’autre, c’est l’idée d’un grand tourisme rapide capable de soutenir la comparaison en compétition, tout en restant civilisé. L’empreinte de Tadek Marek se poursuit mécaniquement, l’architecture six-cylindres double arbre demeurant au cœur de l’expérience de conduite. Pour un aperçu détaillé de la descendante la plus célèbre, voir notre page dédiée à la DB5 et son héritage.

Ce qui, en revanche, ne transite pas tel quel, c’est la radicalité du châssis court et l’allègement poussé des lightweights. La DB5 reprend l’esprit, non la lettre. Elle consolide le confort et l’équipement, assumant davantage son rôle d’icône de route. La DB4 GT reste, elle, l’expression la plus pure de cette tentation sportive de la fin des années 1950.

Design, posture et crédibilité dynamique : la transmission est intacte. Radicalité de l’empattement, austérité relative des versions course : elles demeurent spécifiques à la GT. Ce discernement explique sans doute la longévité du style maison, capable de concilier prestance et performance sans tomber dans la surenchère.

Conclusion — pourquoi la DB4 GT demeure un pivot

Au final, la DB4 GT cumule trois vertus rarement réunies : une technique pointue mais cohérente, une production limitée pensée pour l’efficacité, et une influence stylistique reconnue par la marque elle-même. Les chiffres publiés par Wikipedia — 302 hp, 153 mph, 6,1 s — l’ont hissée au sommet en 1959, pendant que le châssis court et l’allègement signés Aston Martin faisaient la différence sur piste.

Entre la DB4 standard et la future DB5, ce modèle trace un sillon propre, fidèle à l’esprit GT, mais résolument axé sur la performance mesurable. C’est sans doute pourquoi la DB4 GT parle encore aux passionnés : parce qu’elle joint la parole aux actes, du stand de Goodwood à la route du retour, avec une élégance qui ne force jamais le trait.

Sources et pour aller plus loin : la page officielle consacrée à la DB4 GT selon Aston Martin et la fiche récapitulative dédiée à la DB4, à compléter par une mise en perspective générale de la marque sur l’encyclopédie de référence.

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