DB6 Volante : pourquoi ce cabriolet, plus abouti techniquement que le DB5, demeure rare et sous-coté. Châssis rallongé, Superleggera revue, 29 Vantage.
DB6 Volante ou le paradoxe d’une Aston ouverte à la fois plus aboutie et plus discrète que sa devancière. Présenté au Salon de Londres 1966, ce cabriolet prolonge sa carrière jusqu’en 1970 et, surtout, corrige plusieurs limites structurelles du DB5. À l’heure où les ventes aux enchères sanctifient volontiers le mythe de 1964, ce modèle mérite un regard frais : châssis rallongé, Superleggera repensée, variantes performantes et un usage royal au long cours. Voici pourquoi le collectionneur averti ferait bien de réévaluer ce classique.
Le problème de rigidité du cabriolet : ce que le châssis rallongé du DB6 a permis que le DB5 cabriolet ne pouvait pas faire
Passer d’un coupé à un cabriolet impose une réalité têtue : la rigidité en torsion chute quand on retire un toit porteur. Le DB6 s’y attaque de front en allongeant l’empattement de 95 mm (3,75 pouces) par rapport au DB5. Selon Wikipedia DB6, ce gain structurel n’est pas qu’une commodité d’espace : il stabilise la voiture à haute vitesse et crée le volume nécessaire pour intégrer une capote soignée sans compromettre l’ossature. Là où le cabriolet dérivé du DB5 devait composer, le nouveau châssis offre de la marge technique.
Concrètement, ce supplément d’empattement participe à mieux répartir les charges et à réduire les contraintes localisées, critiques sur un cabriolet. Résultat : la cinématique de capote et l’implantation des renforts s’inscrivent dans une base plus sereine. C’est l’une des clefs de la maturité du DB6 Volante : moins de compromis invisibles, plus de rigueur au volant.
Ajoutons que l’arrière en « Kammback » du DB6, pensé pour améliorer l’aérodynamique, s’inscrit dans la même logique d’efficacité. Si la clientèle conservatrice l’a fraîchement accueilli à la sortie de 1965 (source : Wikipedia DB6), ce choix participe, avec l’empattement rallongé, à une stabilité de grand tourisme plus affirmée que sur la génération précédente.
La Superleggera modifiée : les tubes d’acier de section variable et la licence de 5 £ par voiture
Le DB6 ne renie pas la philosophie Superleggera, mais il en affine l’exécution. Toujours d’après Wikipedia DB6, l’armature tubulaire passe de sections uniformes (DB4 et DB5) à des tubes d’acier de section variable selon leur position dans la structure : plus fins où la charge est moindre, plus généreux là où les efforts s’accumulent. C’est une optimisation ciblée, au bénéfice direct d’un cabriolet pour qui chaque renfort compte.
Cette évolution sert un double objectif : rigidité mieux distribuée et masse contenue. Sur un modèle sans toit fixe, l’ajustement fin des sections réduit l’effet « yo-yo » des renforts ajoutés a posteriori. La capote se loge proprement, la ligne reste élégante, et la base gagne en cohérence dynamique : de quoi faire du DB6 Volante une proposition plus technique qu’il n’y paraît.
Point d’éthique industrielle : Aston Martin verse, par voiture, une redevance de 5 £ à Touring de Milan pour l’usage de la licence Superleggera. Ce détail, souvent ignoré, rappelle que l’artisanat d’antan s’appuyait aussi sur des brevets et des flux de propriété intellectuelle. Sur la page officielle dédiée au modèle, Aston Martin resitue d’ailleurs le DB6 dans la continuité DB4–DB5, avec cette architecture signature évoluée (consulter la fiche historique du DB6).

140 Volantes dont 29 Vantage : la rareté de la variante haute performance en cabriolet
Les chiffres parlent : 140 DB6 Volante au total, dont 29 en version Vantage haute performance, selon Wikipedia DB6. C’est peu, et c’est précisément ce qui rend le cabriolet plus rare que son équivalent fermé dans la production globale de la lignée DB6. La variante Vantage, créditée de 325 ch (242 kW) contre 282 ch pour la configuration standard, incarne la synthèse : grand tourisme sans toit, moteur plus pointu, châssis et structure peaufinés.
Dans un marché de collection où la narration pèse autant que l’ingénierie, ces 29 exemplaires Vantage offrent un argument solide. Ils concentrent l’évolution technique du modèle et l’attrait d’une production parcimonieuse. On comprend que la cote puisse se tendre à mesure que les amateurs redécouvrent les vertus mécaniques de cette série tardive.
Pour replacer la voiture dans son contexte d’époque et sa généalogie immédiate, on pourra utilement relire la notice encyclopédique (aperçu détaillé du DB6 sur Wikipedia) et la documentation presse d’Aston Martin (dossier média DB6).
La version appartenant à Charles III : l’E85 et l’histoire d’un long usage royal
Autre chapitre, plus anecdotique mais parlant : Charles III possède un DB6 Volante Mk II, converti au biocarburant E85 (source : Wikipedia DB6). On peut y voir, au-delà du symbole, la preuve d’un usage réel et prolongé d’un cabriolet des années 60. Ce n’est pas qu’un bibelot d’État : c’est une automobile qui roule, et qui a trouvé un compromis entre patrimoine et préoccupations contemporaines.
Ce détail royal illustre la souplesse technique du modèle. Une base saine, une alimentation moderne adaptée : l’équipe en charge a pu conjuguer respect mécanique et exigences nouvelles. Sans verser dans l’anecdote mondaine, notons que cette visibilité contribue à entretenir la notoriété du DB6 Volante dans l’imaginaire collectif, au-delà du seul cercle des initiés.
Pour le collectionneur, c’est un rappel utile : quand une voiture historique supporte des usages variés sans renier son caractère, c’est souvent que sa conception d’origine était bien née. Le DB6, avec son châssis plus posé et sa Superleggera optimisée, en fournit un exemple royalement médiatisé.

DB5 Volante contre DB6 Volante : cote aux enchères et argument d’achat pour le collectionneur
Sur le théâtre des ventes, le DB5 Volante attire spontanément la lumière, lesté d’une renommée transversale qui dépasse l’ingénierie. Le DB6 Volante, lui, reste parfois sous-estimé. Or les faits sont têtus : châssis allongé de 95 mm, intégration de capote sans sacrifice structurel, Superleggera à sections variables, aérodynamique Kammback plus efficace. Autrement dit, la technique a progressé.
Pour un collectionneur rationnel, l’argumentaire se tient : moins de voitures fabriquées en cabriolet que de coupés, et dans ce total, seulement 29 Vantage. Ajoutez l’amélioration du comportement à haute vitesse et le surcroît de cohérence structurelle, et vous obtenez une proposition qui coche des cases décisives sans surjouer la mythologie.
Faut-il pour autant ignorer le charme du DB5 ? Non. Mais reconnaître que le DB6 Volante incarne une maturité d’ingénierie souvent négligée, oui. Selon Wikipedia DB6, la réception initiale du Kammback fut mitigée ; quelques décennies plus tard, son efficacité aérodynamique et son élégance discrète se lisent autrement. C’est le moment d’acheter avec la tête autant qu’avec le cœur.
Pour approfondir la lignée et replacer cette évolution, explorez notre dossier sur le modèle (toutes nos analyses sur la DB6) et notre panorama technique dédié (DB6 1965 : quatre raisons techniques). Les amateurs de carrosseries découvrent aussi un aperçu transversal des cabriolets de la marque dans soixante ans de Volante.
Conclusion : pourquoi le DB6 Volante mérite une réévaluation
Le dossier est simple : le DB6 Volante a été présenté en 1966, a connu quatre années de production, totalise 140 exemplaires dont 29 Vantage, et repose sur une architecture plus aboutie que celle du DB5 cabriolet. Châssis rallongé, Superleggera affinée, aérodynamique mieux travaillée : tout concourt à un cabriolet plus cohérent, sans perdre la grâce britannique qui sied à l’emblème.
Qu’il s’agisse d’une version standard ou d’un rare Vantage, ce modèle réunit rareté, rigueur technique et histoire vivante — jusqu’à l’exemplaire de Charles III converti à l’E85. Pour un acheteur éclairé, c’est moins une alternative au mythe qu’un choix de connaisseur : une Aston à l’ingénierie mûre, à la production mesurée, et à la valeur patrimoniale appelée, discrètement, à s’affirmer. En un mot, le DB6 Volante n’a plus besoin de crier pour convaincre : il suffit de l’écouter.


