Anecdotes

Lagonda Taraf 2015 : 120 berlines à un million et 4 paris

27 octobre 2026 La Rédaction AstonLegacy 7 min de lecture

Lagonda Taraf, de Dubaï à l’arrêt à 120 unités : prix, V12, VH et stratégie mondiale. Analyse des 4 paris et des chiffres parfois divergents.


Lagonda Taraf : voici comment une limousine née pour le Golfe a tenté une carrière mondiale avant de s’éteindre à 120 exemplaires. Nous revenons, faits en main, sur quatre paris — lancement confidentiel, extension de marché, choix techniques et positionnement tarifaire — qui expliquent l’écart entre l’ambition et le réel.

Dubai novembre 2014 : une première mondiale réservée à une poignée de clients

Selon Wikipedia (Lagonda Taraf), la présentation a lieu à Dubaï en novembre 2014, avec un cadre très ciblé : un lancement pensé pour le Moyen-Orient et ses collectionneurs. L’objectif officiel annoncé alors est clair et prudent à la fois : 100 unités réservées à la région, une série limitée au sens littéral, sans promesse de diffusion occidentale.

La stratégie initiale, donc, parie sur la rareté géographique autant que numérique — Pari n°1. Ce choix épouse la tradition Lagonda de limousines singulières et redevables à la commande, tout en ménageant la capacité d’assemblage. La production ne débutera qu’en 2015 à Gaydon (Wikipedia), validant une montée en cadence progressive et contrôlée.

Dans cette première phase, la Lagonda Taraf joue la carte du club privé : communication sobre, sélection des prospects et un calendrier calé sur la fabrication artisanale. Une méthode éprouvée pour sonder la demande réelle avant d’ouvrir davantage les vannes — si tant est qu’on le souhaite.

De 100 à 200 unités : comment l’ambition commerciale a suivi la demande européenne

Très vite, l’histoire s’accélère : Wikipedia précise que le PDG Andy Palmer étend les marchés de la Lagonda Taraf à l’Europe, aux États-Unis, à Singapour et à l’Afrique du Sud, et révise l’objectif à 200 exemplaires. C’est Pari n°2 : transformer une série du Golfe en produit global, porté par des clients européens qui se manifestent malgré les contraintes d’homologation et un positionnement hors normes.

Ce changement d’échelle acte une réalité : il existe une clientèle pour un salon roulant V12 signé Lagonda, au-delà des dunes. En miroir, il crée une tension nouvelle entre le volume annoncé et la structure atelier d’un tel programme. La production, elle, restera discrète mais notoire.

Au final, les chiffres varient selon les sources. Wikipedia avance un total de 120 voitures construites, bien en deçà de l’objectif révisé. Le spécialiste Nicholas Mee & Co résume avec tact la rumeur du milieu : « la plupart des sources citent moins de la moitié de 200 ». Divergence assumée, donc, mais une même lecture stratégique : l’ouverture mondiale n’a pas converti toutes les intentions en commandes fermes.

Lagonda Taraf

Plateforme VH et carrosserie carbone : ce que le Taraf doit à la One-77

Techniquement, Wikipedia indique que la Lagonda Taraf repose sur la plateforme VH, commune aux DB9 et Rapide. Ce choix d’architecture, éprouvé chez Aston Martin, permet de concilier proportions élégantes, rigidité et un V12 longitudinal. Pour les amateurs de la Rapide et de son châssis apparenté, la parenté n’est pas un défaut : c’est une garantie de comportement et d’intégration technique.

L’autre héritage tient au lieu et au savoir-faire. D’après le site presse officiel Aston Martin, la Lagonda Taraf est assemblée à Gaydon dans le bâtiment précédemment dédié à la One‑77, et le directeur du design Marek Reichman y revendique des « leçons » tirées de ce programme, dont une exécution remarquablement rapide : huit mois entre le premier coup de crayon et une maquette grandeur nature. Il s’agit là de la version coachbuilt d’un constructeur moderne : série limitée, outillage spécifique, et un circuit court entre design et atelier.

Ce croisement — plate-forme VH rationalisée et process d’exception inspiré par la One‑77 — dessine bien le positionnement de la Lagonda Taraf. Une Aston d’ingénieur, habillée et assemblée comme une pièce de haute couture. Pour approfondir les origines de la lignée, notre dossier sur la Lagonda des années 1976–1990 remet en perspective l’ADN de la marque Lagonda chez Aston Martin.

Un million de dollars pour quoi, exactement : moteur, performances et équipement

Sur le plan mécanique, Wikipedia récapitule une fiche technique sans ambages : V12 atmosphérique de 5,9 litres, associé à une boîte ZF à 8 rapports. Le tout propulse la Lagonda Taraf de 0 à 100 km/h en 4,4 secondes et jusqu’à 314 km/h. Pour une limousine quatre portes, la promesse est claire : l’aisance d’un grand tourisme à très haute vitesse, la mélodie d’un douze-cylindres à l’ancienne.

Reste la question du prix, et des ordres de grandeur. Wikipedia mentionne un ticket de départ au-delà d’un million de dollars. Côté Royaume‑Uni, Autocar cite £685 000, quand une autre source mentionne £696 000 — un écart à la marge qui illustre la variété des configurations et des marchés. L’essentiel est ailleurs : la Lagonda Taraf revendique la place singulière d’une limousine coachbuilt à moteur V12, un duo aussi rare que coûteux à industrialiser.

Quant à l’équipement, le constructeur a logiquement réservé la granularité des options à ses clients. L’esprit, lui, ne fait pas mystère : une exécution très haut de gamme, à la croisée de la tradition britannique et de la modernité technique, fidèle à l’étiquette Lagonda. Pour les sources et repères officiels, on se reportera à la page Wikipedia dédiée à la Lagonda Taraf, au pressroom Aston Martin consacré au modèle et à l’analyse tarifaire d’Autocar.

Lagonda Taraf

120 exemplaires et la question du ‘dernier Lagonda à essence’

Revenons au constat chiffré et à sa portée. Wikipedia retient 120 exemplaires produits, quand les professionnels interrogés par Nicholas Mee & Co évoquent, avec prudence, « moins de la moitié de 200 ». Dans tous les cas, la Lagonda Taraf s’arrête court de son cap révisé. Pourquoi ? Parce que chacun des quatre paris n’était pas trivial : Pari n°1, un lancement régional élitiste ; Pari n°2, une extension mondiale sur un segment de niche ; Pari n°3, un assemblage de type coachbuilt à partir d’une base VH ; Pari n°4, un ticket au‑delà du million avec un V12 atmosphérique quand l’air du temps bascule ailleurs.

Ce dernier point révèle d’ailleurs une valeur patrimoniale. Nicholas Mee & Co présente la Lagonda Taraf comme « le dernier Lagonda à essence ». Sans forcer le trait, le signal est limpide pour les collectionneurs : une lignée qui se referme sur un V12, dans un monde où l’électrification gagne du terrain. Un contexte qui éclaire la demande initiale, mais aussi la difficulté à soutenir une cadence plus large.

Dans la grande histoire de Gaydon, la Lagonda Taraf demeure un chapitre à part : une berline très exclusive, posée sur l’architecture VH, nourrie par l’expérience One‑77 et tarifée au niveau des pièces les plus rares. Pour replacer ce coup d’éclat dans la gamme, notre fiche consacrée à la Lagonda Taraf et le panorama sur la Rapide complètent utilement la lecture.

Conclusion : pourquoi la Lagonda Taraf reste un marqueur discret mais décisif

La Lagonda Taraf aura donc matérialisé une intuition audacieuse et mesurée à la fois : proposer une limousine V12 ultraconfidentielle, puis la confronter prudemment au monde. Entre ambitions (200 exemplaires) et réalité (120 construits selon Wikipedia), elle rappelle que l’artisanat d’exception a ses limites industrielles — et que le marché, parfois, préfère la rareté au volume.

Pour Aston Martin, l’empreinte est nette : un savoir‑faire d’atelier hérité de la One‑77, une exploitation raisonnée de la plate-forme VH et un positionnement de prix assumé. Autant de balises qui nourrissent la stratégie haut de gamme de la marque. Et pour les passionnés, la Lagonda Taraf reste un jalon désirable : la dernière Lagonda à essence selon Nicholas Mee & Co, et une lecture contemporaine d’un nom qui compte dans l’histoire d’Aston Martin. À suivre, sur le site officiel Aston Martin et via les synthèses publiques de Wikipedia Aston Martin, pour la suite de l’aventure.

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